L'Évangile des Ébionites n'est pas une fiction. C'est un texte historique dont l'existence est attestée
par plusieurs Pères de l'Église. Mais pourquoi a-t-il été supprimé ? Que contenait-il de si dangereux ?
En 2010, j'ai commencé une recherche qui allait durer plus d'une décennie : reconstituer l'Évangile
des Ébionites. Les Ébionites étaient les premiers disciples de Yeshua, ceux qui l'avaient connu
personnellement, qui parlaient sa langue, qui vivaient dans sa culture. Leur évangile, rédigé en
araméen vers 50 ap. J.-C., était le témoignage le plus ancien et le plus fiable de la vie et des
enseignements de Yeshua.
Un texte perdu, mais pas oublié
L'Évangile des Ébionites a été perdu – ou plutôt, détruit – lorsque le christianisme paulinien
est devenu dominant au 4e siècle. Les Pères de l'Église comme Épiphane et Jérôme l'ont cité,
mais toujours pour le condamner comme hérétique. Pourquoi ? Parce qu'il contredisait les dogmes
émergents : la divinité de Jésus, la naissance virginale, l'abandon de la Loi juive.
Ce que disait vraiment l'Évangile des Ébionites
Grâce aux citations des Pères de l'Église, aux manuscrits de la mer Morte, et aux recherches
historiques modernes, j'ai pu reconstituer une grande partie de ce texte. Voici ce qu'il révèle :
1. Yeshua n'était pas Dieu incarné. Il était un prophète juif, le Messie attendu,
mais pas la deuxième personne d'une trinité divine.
2. Il n'y a pas eu de naissance virginale. Yeshua était le fils de Joseph et Marie,
né de manière naturelle.
3. Yeshua enseignait la Torah. Il n'est pas venu abolir la Loi, mais l'accomplir
et la purifier.
Ces vérités, si elles avaient été préservées, auraient changé le cours de l'histoire. Le christianisme
serait resté une branche du judaïsme, fidèle au monothéisme strict. Il n'y aurait pas eu de dogme
trinitaire, pas de séparation radicale d'avec Israël.